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E-T : 10 ans déjà ! (2002-2012)

Damien

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Le Shojo
« on July 26th, 2003, 09:28 PM »
Le shojo manga (Bd pour filles) est un genre autonome crée durant les années 1970. Il fonctionne toujours de la même façon. Comme toutes les autres catégories de manga, tout lecteur, initialement formé à la BD (Tintin et consort, peut se buter au shojo. Au pire, ne pas être habitué à une certaine forme ou à certaines modalités d&\'39;une forme peuvent être à l&\'39;origine d&\'39;un rejet total de cette forme-là (souvenez-vous de la censure d&\'39;Angel d&\'39;U-Jin en 1997&\'33;) sans mêm que le spectateur ait eu le temps de conscientiser le fait qu&\'39;il pourrait éventuellement, de la différence, tirer les richesses dont, à la fois, il n&\'39;a pas idée et il manque. Le cas des grands yeux étoilés (voir topic les concernant), les fleurs en fond de trame et le découpage ont formé un dégout affiché du shojo lors des premières publications françaises (hélas...)

Une lecture d&\'39;un shojo ou d&\'39;un shonen qui fasse fi de nos habitudes et les transcendent pour devenir un nouveau mécanisme inné dans otre comportement quotidien, voilà un beau défi lancé dès le début des années 1990 &\'33;

En ouvrant un de ces shojo (Clamp, Sailor Moon, Mint no Botura, Ayashi no ceres etc...) la première chose qui frappe notre regard est le vide total qui semble parsemer les pages....on est loin des décors foisonnants dans les BD de Druillet ou dans l&\'39;excellente série Blacksad (deux tomes à lire d&\'39;urgence &\'33;&\'33;). Mais cet obstacle (délai=rapidité=ellipse...) ne doit pas cacher la forêt de ce média intéressant encore monter sur le bûcher par une xénophobie pseudo-subconsciente à l&\'39;égard du manga (sens de lecture, langue, etc...) et de ce qu&\'39;ils appellent les "japoniaiseries".....les sots......

La plupart des shojo sont en quelque sorte dans la droite lignée des romans à l&\'39;eau de rose de la collection Harlequin ou encore des séries "Martine au marché, joue au ballon etc...."......ça c&\'39;est le point de vue de Thierry Groensteen, ancien directeur du musée de la BD à Angoulème ("Intro à la BD japonaise", casterman 1993 et rééd 1995). Cet aspect fleur bleue se comprend par le principal sujet traité : l&\'39;amour souvent impossible, pseudo-romantique, romantique à souhait, les relations triangulaires, les conflits de jalousie, les trahisons, etc... . Certes Candy est à la recherche de son prince charmant mais cette forme plastique qu&\'39;est le shojo peut tout aussi bien faire appel à d&\'39;autres contenus narratifs comme l&\'39;Esu Efu (science-fiction) avec par exemple Video Girl de Katsura.

L&\'39;une des pierres angulaires dans la fondation de ce type de manga ets "Ribon no Kishi" (Prince Saphir) de l&\'39;inégalable Tezuka (lisez ses oeuvres parues chez Tonkam &\'33;&\'33;). Le thème du travestissement (animeland en a fait un sujet il y a un ou deux mois) d&\'39;une fille en garçon dans ce manga a fait des petits comme "Versailles no Bara" (La rose de Versailles) de Riyoko Ikeda (deux gros pavés bien traduits chez Kana)

Il est bon de savoir que Groensteen n&\'39;a pas été le premier à épingler de façon plus ou moins acerbe le shojo. L&\'39;ouvrage de Schodt rédigé vers 1988 (Manga&\'33;Manga&\'33;) présente cette catégorie comme un style atterant en citant une mise en page abstraite, des gros plans faciaux sans cohérence, des textes flottants librement sans être attaché à un personnage particulier, bref un genre à la dérive d&\'39;après l&\'39;auteur du premier ouvrage publié sur le manga.........pas brillant moui je sais....
Il faut dépasser cette vision réductrice. Rien dans le shojo n&\'39;est incohérent ni sans relations apparente avec l&\'39;histoire. Rien n&\'39;est vague ou abstrait.

L&\'39;identité graphique d&\'39;un shojo à l&\'39;autre est presque toujours le même: traitement hyper graphique, traits fins, aplats noirs, personnages longilignes et élancés aux yeux larges, voire disporportionnés et richement travaillés. Par ailleurs, certaines pages montrent des personnages en pied qui en occupent une moitié. On les appele "personnages mannequins". Cette mise en valeur du personnage, et surtout la précision dans le rendu des vêtements, a pour source les magazines de mode.

Le shojo vit des états intérieurs des personnages avec la prédominance des gros plans facieux comme signe de cette insistance sur la psychologie, d&\'39;autant plus qu&\'39;il est impossible pour le lecteur de ne pas le voir compte tenu de la discrétion décorative et de l&\'39;épuration dans la construction graphique de chaque page.


Pour conclure mon point de vue (positif au cas où vous ne l&\'39;auriez pas remarquer), le shojo est l&\'39;archétype du miroir de l&\'39;âme (comme le dit un guest dans le topic des yeux), transcrit au travers du visage en gros plan et de ses multiples facettes expressives d&\'39;états d&\'39;âme. Le shonen le propose beaucoup  mais la plupart du temps il s&\'39;agit d&\'39;un esprit ténébreux ou humouristique. Quant aux seinen, le caractère est plus profond et philosophique (Gunnm) ou parfois quasi indicernable dans le visage des protagonistes (Blame et Noise).

Voilàvoilà.....comme d&\'39;habitude j&\'39;en met des tonnes <__< (chuis pas franchement synthétique, plutôt coton  amp;:lol: [à 30° en machine]) et c&\'39;est forcément incomplet........dans un sens c&\'39;est mieux ainsi amp;:)

Bonbon bin en espérant que ce topic ne soit pas déjà crée dans un autre forum inadéquate amp;:rolleyes: , j&\'39;attends vos avis, vos réponses à certains passages floues et vos sensations à la lecture d&\'39;un shojo quelconque.....


D&\'39;s©        

Rom1

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Le Shojo
« Reply #1, on July 27th, 2003, 12:00 AM »
Quote
comme le dit un guest dans le topic des yeux
C&\'39;était moi le guest &\'33;
Selon moi, la mise en page des shojo est issue de la longue tradition des estampes japonaises, et surtt d&\'39;une différence fondamentale entre le culture japonaise et l&\'39;occidentale.
Au niveau artistique, les occidentaux ont tjs cherché la précision, la reproduction de la réalité au plus près (je parle de la Renaissance évidemment). Les raphaélites ou les réalistes nosu ont offert des tableaux d&\'39;une gde beauté, mais d&\'39;une fidélité la plus absolue à la réalité.
De même, en littérature, poésie et prose ont tjs été particulièrement ciselées. Malgré leurs différents qt à l&\'39;art, de Banville et Verlaine étaient d&\'39;accord sur un point : un poème se travaille comme une scultpure.

A contrario, au Japon, ce qui est préférable, c&\'39;est l&\'39;impression, les sentiments qui se dégagent. Les haiku sont plus légers que la poésie occidentale, plus libres, ils se laissent approprier par l&\'39;auditeur, qui en retire les impressions qu&\'39;il désire.
Idem pour les estampes, qui sont des représentations très libres de la réalité, des dessins abstraits, libres et qui dégagent qque chose.
Si en occident un noble voulait que son portrait soit le plus fidèle possible à sa plastique, au Japon, un daimyo préférait que son estampe reflète son âme, son moi profond plutôt que sa simple apparence.

Ces différences perdurent de nos jours, notamment au travers du cinéma : comparez les 7 Samurai aux 7 Mercenaires, ou Ring à un film de terreur américain.

Bref, ce que nos "érudits" bouchés appellent du dépouillement n&\'39;est autre que l&\'39;héritage de la tradition graphique classique du Japon. Ce n&\'39;est pas tant la facilité qui est visée, que l&\'39;éveil d&\'39;émotions chez le lecteur dans un shojo. Les gros plans, les personnages mannequins, l&\'39;aération de la mise en page ne visent qu&\'39;à une chose : focaliser l&\'39;attention sur les personnages, et donc leurs émotions, leur vécu que le lecteur doit s&\'39;approprier sans parasitisme imposé par un réalisme trop présent.

Aujourd&\'39;hui est sorti l&\'39;ultime tome de Angel Sanctuary. Difficile à la lecture de cette saga de continuer à prétendre que le Shojo est un genre creux et mineur du manga moderne...
"Que la Force soit avec toi, Seiya !"

Damien

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Le Shojo
« Reply #2, on July 28th, 2003, 09:07 AM »Last edited on July 30th, 2003, 07:12 PM by Damien
Tout ce que tu viens de dire est très juste amp;:)

Il y a aussi le ukiyo-e et zola et les impressionnistes par exemple mais bon.............

enfin oui le shojo c&\'39;est toute une histoire depuis les paravents du XIIème siècle aux magazines de modes lors de l&\'39;occupation us par mac arthur

Sinon petite erreur de ma part dans le post d&\'39;ouverture = c&\'39;est "Mint no Bokura" qu&\'39;il fallait lire ........mes excuses aux fans de cette série (parue chez Glénat)

D&\'39;s©